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Aujourd'hui...

Congrégation du Saint Esprit: Justice et Paix
- Si vous vous êtes levé ce matin avec plus de santé que de maladie, vous êtes plus chanceux que le million de personnes qui ne verra pas la semaine prochaine.

- Si vous n'avez jamais été dans la peur et le danger d’une guerre, d'un bombardement, de terrains minés, d’enlèvements par des groupes armés, vous êtes mieux que 1 milliard de personnes.
- Si vous pouvez parler et agir en accord avec votre foi et vos convictions, sans peur d'être menacé, torturé ou tué, vous avez une meilleure chance que 3 milliards de personnes.
- Si vous avez de la nourriture dans votre frigo, des habits sur vous, un toit sur votre tête et un endroit pour dormir, vous êtes plus riche que 75% des habitants de la terre.
- Si vous avez de l'argent à la banque, dans votre portefeuille et de la monnaie dans une petite boite, vous faite partie du 8% les plus privilégiés du monde.
- Si vous lisez ce message, vous êtes vraisemblablement une personne chanceuse!
(Texte derivé de "State of the Village Report" de Donella Meadows)

RÉFLEXION

Congrégation du Saint Esprit: Justice et Paix

Accueillir le Royaume de Dieu en petit enfant


Ce n’est pas la misère en soi qui est belle, mais le fait que la personne frappée par la misère garde sa beauté. On ne peut utiliser le Beau dans la relation avec la souffrance que si l’on a assumé en soi la conscience du sacré de la personne ? Elle est piétinée, maltraitée, souillée, mais c’est une personne, un être capable de connaissance, de choix, d’amour !
On peut avoir sans être. Quand on a toutes les sécurités, on peine à s’en détacher et à passer à l’être. Le détachement du coeur est un exercice difficile qui demande une conversion, quel que soit notre statut social
Il va falloir savoir aimer, consentir à apprendre à aimer
. Combien cela est autre exigence que l’instinct ! C’est exigence de liberté. Et de cette liberté la plus extrême, la liberté volontaire pour se livrer, pour se lier
365 méditations -Paroles de vie de l’Abbé Pierre

Publié par GW

  24 novembre 2013

 

Le Christ roi

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc  (Lc 23, 35-43)

 

On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d'autres : qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui. S'approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : « N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! »
Mais l'autre lui fit de vifs reproches : « Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal. »
Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. »
Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

 

HOMELIE

 

Il y a quelques semaines,  la JEC française organisait pour ses accompagnateurs et ses animateurs, une session de formation. C’était du côté de Lille. Les responsables m’avaient demandé de leur parler de la Révision de vie.

Vous savez sans doute que dans les mouvements d’Action Catholique, issus de la JOC, la révision de vie, le Voir Juger Agir, tient une grande place. Quand on se retrouve, on regarde ensemble ce qui se passe dans nos milieux, on éclaire ces situations avec l’évangile, et on essaye d’être attentif aux appels du Christ. Car il va falloir agir si l’on veut pratiquer sa foi chrétienne.

Comme j’avais le temps (ils m’avaient donné tout un samedi après midi), j’ai commencé par un petit exercice. Un petit exercice en deux temps. Chacun a d’abord été invité à dire à quoi il pense quand il entend le mot Eglise. Chacun avait sa petite idée, et le tableau a été vite rempli. A mon grand étonnement : les premières réponses allaient toutes dans le même sens : l’Eglise, c’est la communauté, le rassemblement des chrétiens, le peuple de Dieu, etc. Ensuite, sont venues d’autres pensées : c’est l’institution, la hiérarchie, etc. Bref, j’ai senti que le concile Vatican 2 était passé par là : le peuple de Dieu venait en première position.

Un Royaume à construire...

Et puis, dans un 2ème temps, j’ai demandé à chacun,  de nous dire à quoi il pense quand il xxentend : « Royaume de Dieu ». Là, ce fut plus difficile. Le premier qui s’est exprimé n’a pas été très loquace, il s’est contenté d’une réponse en un seul mot  « inconnu » ! Mais petit à petit, nous avons tout de même réussi à mettre quelques phrases sur le tableau.

Je crois que ces accompagnateurs, ces animateurs ne sont pas seuls dans ce cas : il nous est souvent plus facile de parler de l’Eglise que de parler du Royaume.  Nous sommes tous un peu nombrilistes : il est plus facile de se regarder soi même que de regarder plus loin !

Un Royaume à construire...

Eh bien aujourd’hui, c’est la fête du Christ Roi. Alors, je vous propose de regarder d’abord qui est notre roi, et ensuite, nous dirons un mot sur son Royaume.

Un Royaume à construire...

Bientôt Noël, nous aurons l’occasion une fois de plus de revenir sur sa venue dans notre monde. Joseph et Marie ne trouvent pas de place dans le village et ils se retrouvent avec les bergers. Un roi sans domicile fixe, et ça commence dès sa naissance !

 

Un Royaume à construire...

Rien à voir avec les rois que nous connaissons, rien à voir avec la reine d’Angleterre ou  le  roi des belges, encore moins avec le roi du Swaziland qui vient d’épouser  en grandes cérémonies, une 14ème femme.

Un roi sur une croix, un roi sans domicile fixe, c’est le monde à l’envers.

Et c’est tout au long de sa vie qu’il a été un roi extra – ordinaire, un roi pas comme les autres : il a partagé nos souffrances, nos joies, il côtoyé les bons et les méchants, il a participé aux fêtes et aux deuils. Tout au long des évangiles, nous retrouvons les choses de la vie : à Cana, il participe à un mariage, il n’est pas question de cérémonie religieuse, il est question du vin qui manque ; quand il rejoint Marthe et Marie, au tombeau de leur frère Lazare, « il frémit intérieurement et il se troubla ».

Les choses de la vie, les réalités humaines, c’est tout cela qui est présent le soir du dernier repas, la veille de sa mort. Comme l’écrit une équipe de prêtres ouvriers de Caen : « Faire mémoire de ce dernier repas, c’est se rappeler son engagement pour l’homme, sa conduite avec les marginaux, les exclus, les laissés pour compte, les étrangers, les pécheurs. Et il nous demande de poursuivre le chemin : faites ceci en mémoire de moi. Quand les évangélistes écrivent : Voici ce pain, c’est mon corps, voici ce vin, c’est mon sang, ceci signifie : c’est le don de ma vie engagée pour faire réussir l’humanité »[1].

Le pape François disait récemment quelque chose du même genre :  il a lancé un appel aux ordres religieux et à l'Eglise toute entière : « Les couvents vides ne servent pas à l’Eglise pour qu’elle les transforme en hôtels pour gagner de l’argent. Les couvents vides ne sont pas à nous, ils sont pour la chair du Christ : les réfugiés ».

 

Voir :

http://joie-en-communaute.over-blog.com/article-une-societe-a-transformer-un-monde-a-construire-119902705.html

 

Et ceci nous amène à parler du Royaume.

Son Royaume, il en est question tout au long des évangiles, tout au long du Nouveau Testament. Ceux qui en font partie : les artisans de paix, les humbles, les petits, les doux…La liste est longue.

Le Royaume n’est pas affaire de nourriture ou de boisson : il est justice, paix, et joie dans l’Esprit saint.

Paul écrit aux Corinthiens : Le Royaume ne consiste pas en paroles mais en action..

Nous sommes invités,  avec  insistance, à construire ce Royaume : relisons la parabole des talents : celui qui ne fait rien est traité de mauvais serviteur, de paresseux, de serviteur bon à rien…

Nous sommes invités à être aussi habiles que les enfants des ténèbres…

Il faudrait tout relire en surlignant au feutre fluo comme le font certains, tout ce qui concerne le Royaume.

Mais je voudrais conclure avec la Révision de vie. Je vous en parlais au début. Voir, Juger, Agir, c’est en fait voir notre monde, les événements, les situations que nous vivions, les éclairer avec la bible, et agir pour transformer ce monde pour en faire un monde où l’on ne crucifie pas les petits, mais un monde où tout le monde peut vivre. « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance ».

Voici comment j’ai découvert la révision de vie. J’étais scout, je devais avoir 13 ou 14 ans, et des jocistes avaient été invités à venir nous parler. Je m’en souviens comme si c’était hier. Une jeune fille nous avait expliqué que dans son atelier de couture, il faisait froid, les couturières avaient froid aux mains et ne pouvaient pas  bien travailler. Alors, elle, elle avait été voir le patron et celui-ci avait ajouté un poêle de plus dans l’atelier, un poêle à charbon, comme à l’époque !

Les autres s’étaient alors étonnées : « Comment ça se fait, que tu n’as pas peur d’aller trouver le patron ? »

Explication : « C’est que je suis jociste, j’ai raconté notre situation aux autres à la dernière réunion. On a une méthode : Voir Juger Agir. Et on s’est dit que l’action, c’était d’aller voir la direction. J’ai pris mon courage à deux mains et j’y suis allée ».

 

Plus récemment, c’étai ici, ou plutôt à Nanterre. Une étudiante gabonaise soutenait une thèse de doctorat en géographie. Je ne connaissais pas très bien cette étudiante, mais par contre, je connaissais très bien sa famille que j’ai côtoyée pendant 20 ans  à Libreville. Et c’est pourquoi elle m’avait invité. 

 

Un Royaume à construire...

La thèse  avait pour titre : « Croissance et aménagement urbain à Libreville : l’impasse foncière ».  Ayant connu comme la plupart des citadins de Libreville, un certain nombre de désagréments, et c’est un euphémisme pour parler des bidonvilles, des matitis comme disent les gabonais. Ayant connu donc ces désagréments, elle a  recherché les causes et a constaté que le cadastre ne remplissait plus son rôle, que certains se procurent des terrains en toute illégalité. Elle a alors cherché des pistes pour que les choses redeviennent plus normales, pour que tous les gabonais puissent avoir accès à la propriété foncière. Vous devinez qu’elle touchait là à la politique, et certains membres du jury ont fait remarquer qu’elle avait du courage !

Après la coupe de champagne, je l’ai aussi félicitée: «Tu as vu la situation, tu as cherché les causes, et tu as trouvé des pistes pour améliorer cette situation. Même si cela doit déplaire à certains. Tu sais que tu aurais pu être jéciste : voir, juger, agir ? ». Je ne m’attendais pas à sa réponse : « Mais mon père, j’étais jéciste…  J’étais jéciste à Bitam. (C’est une localité dans le nord du Gabon). Au Conseil national, en 1985, on vous avait offert un Nouveau Testament. » Ah oui, c’était au lendemain de l’incendie du presbytère. J’avais tout perdu, sauf la chemise que j’avais sur le dos. Et ce cadeau était le bienvenu.

Eh bien ce NT, je l’ai toujours, et chacun de nous en a un. Lisons-le, en retenant tout ce qui concerne le Royaume.

 

 

E t si vous voulez commencer par la fin, allez au chapitre 25 de St Matthieu : Quand le fils de l’Homme viendra comme un roi, il siégera sur un trône… Il séparera les gens les uns des autres… Et le roi dira… Vous connaissez la suite !

J’avais faim, soif,  j’étais malade, en prison, nu, étranger, j’avais froid dans mon atelier de couture, j’habitais dans les matitis…. Vous m’avez vu… Vous ne m’avez pas vu… Vous êtes venus me voir… Vous n’êtes pas venus me voir…  Nous serons de quel côté ?

 

Que l’Esprit de Dieu nous aide à être du bon côté !

Gérard Warenghem

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