Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Aujourd'hui...

Congrégation du Saint Esprit: Justice et Paix
- Si vous vous êtes levé ce matin avec plus de santé que de maladie, vous êtes plus chanceux que le million de personnes qui ne verra pas la semaine prochaine.

- Si vous n'avez jamais été dans la peur et le danger d’une guerre, d'un bombardement, de terrains minés, d’enlèvements par des groupes armés, vous êtes mieux que 1 milliard de personnes.
- Si vous pouvez parler et agir en accord avec votre foi et vos convictions, sans peur d'être menacé, torturé ou tué, vous avez une meilleure chance que 3 milliards de personnes.
- Si vous avez de la nourriture dans votre frigo, des habits sur vous, un toit sur votre tête et un endroit pour dormir, vous êtes plus riche que 75% des habitants de la terre.
- Si vous avez de l'argent à la banque, dans votre portefeuille et de la monnaie dans une petite boite, vous faite partie du 8% les plus privilégiés du monde.
- Si vous lisez ce message, vous êtes vraisemblablement une personne chanceuse!
(Texte derivé de "State of the Village Report" de Donella Meadows)

RÉFLEXION

Congrégation du Saint Esprit: Justice et Paix

Accueillir le Royaume de Dieu en petit enfant


Ce n’est pas la misère en soi qui est belle, mais le fait que la personne frappée par la misère garde sa beauté. On ne peut utiliser le Beau dans la relation avec la souffrance que si l’on a assumé en soi la conscience du sacré de la personne ? Elle est piétinée, maltraitée, souillée, mais c’est une personne, un être capable de connaissance, de choix, d’amour !
On peut avoir sans être. Quand on a toutes les sécurités, on peine à s’en détacher et à passer à l’être. Le détachement du coeur est un exercice difficile qui demande une conversion, quel que soit notre statut social
Il va falloir savoir aimer, consentir à apprendre à aimer
. Combien cela est autre exigence que l’instinct ! C’est exigence de liberté. Et de cette liberté la plus extrême, la liberté volontaire pour se livrer, pour se lier
365 méditations -Paroles de vie de l’Abbé Pierre

Publié par GW

Transmis par Paul Grasser



Père Martin HAPPE                                                                                                        Nouakchott, Noël 2008

Evêque de Nouakchott                                                                                                  Tél. (+.222)525.04.27

B.P. 5377  -  Nouakchott                                                                                                Fax (+.222)525.37.51

R. I. de  MAURITANIE                                                                                                       e-mail: mgrmartinhappe@yahoo.fr

C.C.P. La Source 39 539 54 S                                                                    

 

 

« Donne à tes fidèles, Dieu tout-puissant, d'aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur... »

Oraison du 1er dimanche de l'Avent

 

 

 

Cher Paul,

 

Comme vous le savez sans doute, chaque évêque catholique doit se rendre à Rome, en principe tous les cinq ans, pour une visite dite « ad limina ». Dans le cadre de cette visite, il est aussi reçu par le Saint Père en audience privée. C'est ainsi que, lors de ma dernière visite ad limina, le pape Benoît XVI a d'abord consulté un Atlas pour situer la République Islamique de Mauritanie. Une fois que je lui avais dit que dans ce pays immense il n'y a que quelques 4 à 5 mille catholiques, 12 prêtres, 35 religieuses et que j'avais donné quelques autres données statistiques, il m'a regardé d'un air perplexe et il ma demandé : « Mais qu'est-ce que vous faites concrètement dans ce pays ? » Je lui ai répondu : « Très Saint Père, avec tout le respect que je vous dois, je serais plus à l'aise si vous pouviez formuler votre question autrement et me demander : 'quelle est la mission de l'Eglise en République Islamique de Mauritanie ?' Alors je vous répondrais : 'la même que partout ailleurs : à la suite du Christ rendre visible l'amour de Dieu pour tous les hommes. »

 

La forme que prendra l'accomplissement de cette mission varie évidemment selon les lieux et les donnés concrètes de chaque lieu...

 

Lors de mon périple en trois diocèses de l'Allemagne dans le cadre de la campagne missionnaire du mois d'octobre dernier, j'ai raconté à plusieurs reprises l'anecdote suivante qui, me semble-t-il, illustre assez bien comment nous essayons, de manière très concrète, ici en Mauritanie « d'aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur ». Comme cette petite histoire a beaucoup fait réfléchir et réagir mes auditeurs, je vais la compter ici dans ma lette de Noël.

 

Vous le savez sans doute, Nouadhibou, ville située dans le nord de la Mauritanie, est depuis de longues années un des points de départ de migrants vers l'Europe. Souvent, avant d'y arriver, les candidats au départ ont passé des semaines, voire des mois en voyage et ils y arrivent complètement démunis. Il s'agit alors pour eux de trouver du travail pour gagner l'argent nécessaire à la poursuite du voyage vers l'Europe. Et depuis des décennies la paroisse catholique est pour eux un lieu où ils savent trouver des personnes prêtes à les écouter et à leur rendre des petits services de toute sorte qui leur facilitent leur séjour dans cette ville.

 

Il y a trois ans environ, un groupe de femmes catholiques est ainsi venu trouver le curé, un Spiritain originaire du Nigeria, pour lui parler de leurs difficultés. Voilà un gros l'échange q'il y a eu :

 

Femmes : « Père, nous constatons que la Mission fait beaucoup pour aider les migrants ici à Nouadhibou ; mais nous constatons, que nous, les femmes catholiques se trouvant pour un temps à Nouadhibou, on n'est pas aidé ni par les Pères, ni par les Sœurs. »

 

Père J : « Voilà qui est sérieux ! Il va falloir qu'on parle de ça et qu'on réfléchisse ensemble ; qu'on s'organise ! Qu'est-ce que vous pensez d'une coopérative de confection ?  Et qu'est-ce que vous pouvez investir pour un démarrage éventuel ?»

 

Femmes : « Mais Père, vous savez bien que nous sommes pauvres et que nous n'avons rien ! »

 

Père J : « Et bien, cela tombe très bien ; j'en ai autant ! Alors voyons ce que cela peut donner si on le met ensemble ! » - Et là-dessus, il demande aux femmes où elles habitent et combien qu'elles payent pour leur loyer. En totalisant les prix des loyers, elles arrivent quand même à un montant conséquent. Aussi, le Père leur suggère de résilier leurs baux respectifs et de s'associer pour louer ensemble une grande maison. Avec leurs familles, elles occuperaient les chambres et le salon leur servirait de lieu de formation et de production. Il ajoute qu'il peut, quant à lui, fournir comme contribution une grande table, quelques chaises et une machine à coudre...

 

 Les femmes ont osé prendre le risque et se lancer dans cette aventure. Trois ans plus tard, la coopérative « El Fatima » existe et propose à la vente des habits cousus par les femmes, des tissus teints par elles, etc.... Les chambres servent effectivement de logements, le salon sert de lieu de formation et de production, le garage a été équipé d'une vitrine et est devenu lieu de vente.

La table fournie par le Père sert toujours pour la coupe, la  machine  à  coudre a trouvé des sœurs jumelles et l'affaire tourne ! Les femmes sont très heureuses, car en apprenant, en produisant et en vendant, elles ne gagnent pas seulement un peu d'argent, mais surtout elles ont gagné une situation sociale et une certaine dignité et respectabilité.







N'est-ce pas suivre l'exemple de Celui qui a invité 5000 hommes à s'installer sur l'herbe pour leur partager les cinq pains d'orge et les deux petits poissons qu'un gamin avait apporté dans sa besace ? Et on nous dit dans l'évangile selon Saint Jean, que tous mangeaient à leur faim et, qu'en ramassant les restes, on a rempli douze couffins !

 


N'est-ce pas là se trouver dans la droite ligne du mystère de Noël où Dieu nous invite à reconnaître dans l'enfant de la crèche « un sauveur qui est Christ Seigneur » ?

 

Là où nous nous trouvons, nous sommes invités, chacun de nous, à vivre et à témoigner tous les jours de l'an 2009 de notre foi chrétienne qui prend sa source dans ce mystère de Noël où Dieu se révèle sous les traits d'un « nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ».

 

A nous d'avoir assez de foi et de fantaisie pour trouver les voies et moyens « d'aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur » chaque jour de la Nouvelle Année que le Seigneur nous offre comme temps de grâce.

 

Voilà mes vœux de Noël de cette année ! 

 

 

Fraternellement.

 

Père Martin Happe

Evêque de Nouakchott


-------------------------------


Les photos sont tirées de Pentecôte sur le monde  n°828

et de
http://www.misndb.net/accueil.html


Retour    au    site



Commenter cet article