Les missionnaires spiritains sont dans 58 pays aidant hommes et femmes à vivre debout. Développement, réfugiés, Education...
6 Juin 2013
Transmis par Serge Landry Bigoundou (Libreville, Gabon)
Bonjour P.G.
A l’occasion des 40 ans des communautés d'Akébé, est-ce possible d’avoir une interview de toi au sujet de la création des communautés, en nous envoyant une vidéo par facebook ?
En tant que témoin oculaire !
Voici une petite interview :
Et en même temps, voici un article que j’avais écrit en cette époque heureuse... :
Le plaisir de vivre en communauté
« Il va falloir bombarder les paroisses existantes pour les faire éclater en petites communautés à taille humaine » 2
C’est le Cardinal Malula, archevêque de Kinshasa qui parle. D’une certaine façon, nous avons eu de la chance aux Rois Mages. C’est une grande paroisse, mais elle est relativement récente : le premier baptême a eu lieu le 19 janvier 1964, et il n’y a pas eu besoin de « bombarder » car il n’y avait pas beaucoup de structures bien établies en 1970. Pendant la guerre du Biafra, l’évacuation des enfants sur Libreville avait mobilisé toutes les énergies du curé. Il avait travaillé à la construction d’un hôpital qui devait recueillir ces enfants.
C’est donc tout naturellement que les communautés se sont construites, petit à petit, au fur et à mesure que les chrétiens de ce vaste quartier, Akébé, ont pris conscience qu’ils ne pouvaient pas se connaître tous. Je crois que le tour de la paroisse doit bien faire une vingtaine de kilomètres.
Alors, que ce soit au niveau des enfants, des jeunes ou des adultes, c’est automatique : les enfants d’un même quartier se retrouvent naturellement ensemble. Ils ne vont pas faire des kilomètres pour aller se retrouver avec ceux qui habitent à l’autre bout d’Akébé. Ils forment leur équipe là où ils habitent, ce qui donne chaque année une vingtaine d’équipes environ. Et il en va de même pour les jeunes et les adultes. La communauté n’est pas imposée : les chrétiens se retrouvent d’eux-mêmes, au moins ceux qui ont le désir de vivre leur foi dans des cellules à taille humaine.
Il faut noter ici un paradoxe, et c’est sans doute l’exception qui confirme la règle : certaines personnes font des kilomètres chaque semaine, pour rejoindre leur communauté. Après avoir déménagé, certains vont quand même traverser toute la ville, la nuit, pour participer à la réunion de « leur » communauté, celle dont ils faisaient partie avant de déménager.
Ainsi se vérifie ce qu’écrivait déjà Monseigneur Zoa, archevêque de Yaoundé, en 1973 : « Dans ces communautés, les hommes apprennent à se connaître concrètement et à organiser les solidarités vraies existantes. Ils assument leurs responsabilités pour un salut commun. »
Les hommes apprennent à se connaître concrètement : la communauté devient une deuxième famille où il fait bon se retrouver. Nous vivons cela aux Rois Mages tous les jours !
Père Gérard
(Retrouvez cet article dans : http://joie-en-communaute.over-blog.com/ )
2 Voici toute la phrase du Cardinal Malula : « Il va falloir bombarder les paroisses existantes pour les faire éclater en petites communautés à taille humaine ; c’est au sein de ces communautés que les laïcs vivront leur vie chrétienne en véritables témoins du Christ, exerçant divers ministères en faveur de ces communautés ». Cf. L’Eglise à l’heure de l’Africanité, Conférence du Cardinal Malula à 150 prêtres de son diocèse, le 26 novembre 1973. Cité dans Spiritus n° 69, p. 355.
En 1983, pour fêter leur dix ans, les communautés qui existaient alors ont écrit leur histoire.
Voir fichier joint !